168                        Les Spectacles de la Foire.
cul-de-fac de ladite rue, paroiffe St-Sulpice, etc. A dépofé que le 9 du pré-fent mois, dans la foirée, à fon dernier jeu, en repréfentant une pantomime fur fon théâtre fur le boulevart, lui étant en pierrot et fe fauvant d'Arlequin qui, fuivant fon rôie, lui portoit un coup de fa batte en fortant d'un trou re­préfentant un four dans lequel Arlequin venoit de fe jeter, il a été imprudem­ment fe jeter fur la pointe de l'épée que tenoit encore à la main un acteur habillé en efpagnol qui avoit pourfuivi Arlequin lorfqu'il s'étoit fauve de lui dans le trou au four, fuivant l'exigence des rôles qu'ils faifoient ; de la­quelle épée il a été bleffé à la poitrine. Qu'il ne peut en aucune façon accu-fer le nommé Second, qui étoit en efpagnol et qui avoit cette épée à la main, d'avoir eu volonté de lui porter aucun coup d'épée. Qu'il a été panfé et foi-gné de manière qu'il fe fent actuellement très-bien.
Signé : Nicolft ; Maillot.
(Archives àet Comm., n° $764.)
II
L'an 1758, le famedi 6 mai, trois heures de relevée, cft comparu en l'hôtel et par-devant nous Nicolas Maillot, etc., Frauçois Didier, fergent des gardes de jour et de nuit, de pofte à la porte du Temple : Lequel nous a dit que heure préfente ayant eu avis qu'il y avoit deux particuliers qui fe battoient l'épée à la main fur le boulevart, vers la rue Saintonge, il s'y eft auffitôt tranfporté avec fon efeouade et a trouvé effectivement deux particuliers qui s'y battoient, dont un étoit le maître d'un jeu de marionnettes à pratique fur le boulevart, qui fe plaignoit d'avoir été infulté chez lui par l'autre particulier avec lequel il fe battoit. Que ce fécond particulier s'eft évadé ; mais une par­ticulière qui étoit la caufe qu'il avoit infulté le maitre de ce jeu, à ce que tout le monde difoit, et qui s'eft trouvée là, a été arrêtée. Pourquoi lui com­parant a amené le maître de ce jeu et la particulière par-devant nous pour les entendre.
Signé: Didier.
Eft auffi comparu François-Paul Nicolet, maître et entrepreneur.d'un fpec-tacle dc marionnettes à pratique fur le boulevart, y demeurant cul-dè-fac des Quatre-Vents, quartier St-Gcrmain-des-Prés : Lequel nous a rendu plainte contre un particulier nommé Bazin, peintre, et dit que ce particulier cft venu cette après-midi fur le boulevart dans fon jeu lorfqu'il fe-mettoit en devoir de faire une répétition. Qu'il ne fait à raifon de quoi ce particulier s'eft d'abord mis à l'infulter et à lui dire des injures, le traitant de poliffon et fe fervant d'autres termes auffi peu convenables. Qu'il crut d'abord que ce particulier, en prenant trop de licence, vouloit badiner avec lui fur ce mauvais ton ;mais ce particulier ayant continué, lui comparant ne put s'empêcher de lui dire